Fragments des Carnets d'AgatePour mon fils, SimonAutomne 95
- Maman, pourquoi y pleure le monsieur ?
Simon lâche ma main et s'avance vers l'homme assis en tailleur, sur un minuscule tapis usé jusqu'à la corde. A même le trottoir, l'homme est perdu dans la contemplation d'un dessin à la craie esquissé devant lui.
- Dis, c'est parce que qu'elle est morte que t'es triste ?
- Simon, mon chéri, n'ennuie pas le monsieur !
- Laissez-le, madame, y a pas de mal.
Mon petit bonhomme est tout chamboulé mais réussit à retenir les larmes prêtes à jaillir. Sa petite main brûle dans la mienne, tremblotante comme sa voix :
- T'as vu maman, son cœur y saigne ?
Je sais d'expérience qu'il ne sert à rien de lui dire que ça va, que l'homme ne pleure pas, et que de toute façon un cœur ne peut pas saigner comme ça. Simon " voit " réellement ce qu'il dit voir. Il m'a fallu trop longtemps pour l'admettre - Simon n'invente pas d'histoires, Simon ne ment pas. Simon dit la vérité, la sienne, celle qu'il voit et ressent dans tout son petit corps d'enfant. Je lui ai promis que nous n'irions plus jamais consulter personne pour tenter de le " guérir ". Je lui ai juré solennellement que je crois en ce qu'il voit - qu'il n'est pas malade, juste un peu différent, tellement plus sensible que la moyenne. Il faudra du temps, j'en suis consciente, pour réparer les dégâts. Simon a terriblement souffert d'être sans cesse traité de menteur, considéré comme un fabulateur par ses camarades d'école, ses maîtresses, les voisins, tout le monde en somme – même ses parents, pauvre môme! Ca me fait mal quand j'y pense. Enfin, inutile de pleurer sur le passé, ce qui est fait est fait. L'essentiel aujourd'hui est que je sache ce qu'il en est. Comme si Simon lisait dans mes pensées, de sa voix déjà réassurée, il me dit :
- Allez t'inquiète pas, maman, ça va aller tu sais.
J'admire chaque jour sa force de caractère, son courage, sa gentillesse – je suis si fière de lui ! Simon est le genre d'enfant qui se console tout seul. Déjà bébé il valait mieux le laisser tranquille pour qu'il se calme et retrouve le sourire. Simon est d'un naturel flegmatique, un peu lent, réfléchi - un enfant sage. C'est pourquoi nous avions tant de mal les trois premières années à nous expliquer ses brusques sautes d'humeur, ses crises de pleurs, ses moments de prostration ou ses soudain éclats de révolte. En apparence pourtant tout allait bien, aussi bien que possible. Simon est un enfant de l'amour. Sylvain et moi sommes très profondément unis, aussi épris qu'à vingt ans. Le temps qui passe n'a érodé que nos peurs, nos doutes. Notre amour est devenu plus serein même s'il reste aussi passionné. Nous avons attendu longtemps avant de nous sentir prêts à accueillir une autre vie.
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Hiver 90
- Agate, mon cœur, cette nuit j'ai rêvé que je marchais en plein midi dans une rue éclaboussée de lumière. Un petit garçon à mes côtés me donnait la main, c'était mon fils ! ! ! Tu te rends compte chérie, j'étais avec mon fils, haut comme trois pommes, marchant fièrement avec son papa ! Brusquement le décor change, nous sommes dans un ancienne ruelle pavée de la vieille ville, très en pente, le gosse pointe le doigt vers une vieille droguerie : - " R'garde p’pa, la grand-mère, elle va bientôt mourir ! ", - " Quelle grand-mère, fils ? ", - " Ben, celle avec son énorme sac sur le dos, on dirait même qu'y va l'écrabouiller tellement qu'il a l'air lourd, j'me demande c'qui y a d'dans ! ", - " Mais, y'a personne dans la rue ! ? ! ? Je me suis réveillé juste à ce moment-là. Bizarre comme rêve, tu ne trouves pas ?
- Oui, bizarre…
Tu sais, je me suis déjà demandée si les enfants ne choisissent pas leurs parents… s'ils n'annoncent pas leur arrivée, quelquefois… ça peut-être n'importe comment… Moi depuis quelques temps j'ai un nom qui me trotte dans la tête, le jour, la nuit, n'importe quand, SIMON. Ca te dit quelque chose, t'en connais un ?
- Non, je ne crois pas…
Attends, côté paternel, il me semble qu'il y avait un grand oncle qui s'appelait Simon, un original à ce qu'il paraît… Je crois me souvenir qu'il est mort à la guerre ou qu'il a disparu sans laisser de trace, quelque chose comme ça.
Simon est né 9 mois plus tard. Nous sommes fous de joie et de peur panique à l'idée d'être désormais parents, d'en prendre pour perpèt… Enfin, comme la plupart des nouveaux parents j'imagine… Un peu sonnés devant l'ampleur des responsabilités certes, mais tellement émerveillés qu'Il soit là, avec nous - si chaud, si doux, si sucré. Si divinement beau ! De crises de fou rire en crises de larmes, nous nous métamorphosons doucement en père et mère.
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Printemps 93
Tout va bien donc – ou presque. Simon mange bien, dort bien, pleure peu. Bonne santé, bon tempérament, très éveillé, extrêmement curieux, calme. Sauf pendant ses crises, qui se déclenchent soudainement, sans aucune raison apparente, n'importe où, n'importe quand. Nous avons envisagé des causes d'ordre physique, des douleurs, une malformation interne peut-être ? Nous avons pensé aux cauchemars qui peuvent être terrifiants chez les petits, mais les crises surgissent aussi bien le jour que la nuit. Nous avons même soupçonné notre maison d'être malsaine, peut-être est-elle construite avec des matériaux toxiques, mais les analyses n'ont rien révélé de dangereux. Puis le pédiatre a tenu à réaliser, pour nous rassurer, toute une batterie d'examens neurologiques, R.A.S. L'école, à son tour, nous a invités à rencontrer un pédopsychiatre - nouvelle série de tests, psychologiques cette fois - un homme simple, de bon sens, pas du genre alarmiste :
- Simon est un petit garçon tout à fait normal, vous n'avez pas à vous inquiéter. Il est juste très intelligent, très sensible. Il apprendra peu à peu en grandissant à maîtriser ses émotions. Faites-lui confiance, laissez-le libre, il sait ce qui est bon pour lui. Encouragez-le, donnez-lui des responsabilité s, c'est un enfant très autonome. Tout ira bien, vous verrez. Soyez tranquille, il en a besoin.
Nous sommes sortis de là rassérénés. Nous avions envie de rire de nos peurs. Elles nous paraissaient tellement injustifiées, nées probablement de notre inexpérience. Mais, en réalité, ça n'a rien changé. Simon a régulièrement ses crises et nous ne parvenons pas tout à fait à nous tranquilliser.
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Automne 94
Simon ne s'est pas pressé pour se mettre à parler. Il a toujours eu une façon bien à lui de se faire comprendre, une gestuelle étonnamment explicite. Mais surtout cela tient à quelque chose d'indéfinissable dans ses yeux – il suffit de croiser son regard et l'on sait aussitôt ce qu'il désire.
Nous nous sommes installés à la campagne, dans une charmante petite maison en pierre de taille, presque entièrement dissimulée sous une luxuriante vigne vierge. Nous avons déniché ce petit bijou par hasard, sans l'avoir cherché et avons immédiatement été séduits. Notre jardin planté d'arbres fruitiers jouxte la départementale, très peu fréquentée. La maison, légèrement en retrait est à l'abri des regards, protégée par une épaisse rangée d'arbres. Un lieu idéal pour Simon. C'est à cette époque-là qu'il a parlé pour la première fois de façon parfaitement intelligible. Son père et moi nous sommes regardés, stupéfaits, doutant de ce que nous venions d'entendre. Simon ne parle pas encore et voilà qu'il nous sort une tirade comme récitée d'un livre :
- Hé, venez voir la belle dame ! Elle prend le thé au salon. Elle est toute seule, elle a besoin de compagnie!
Nous le suivons, sans réfléchir et trouvons le salon tel que nous l'avons laissé - vide. Mais Simon n'en démord pas : une belle dame boit son thé devant la cheminée. Elle est très triste d'être seule et elle l'appelle à l'aide. Et plus nous lui répétons qu'il n'y a personne, plus il s'énerve. C'est une de ses crises, ça recommence.. . Nous avons espéré qu'une vie en plein air les ferait disparaître. Peut-être faudra-t-il un peu de temps, être encore patients.
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Eté 97
Simon semble si heureux de sa nouvelle vie. Nous le laissons le plus libre possible, comme nous l'a conseillé le médecin. C'est facile, Simon commet très peu d'imprudences, c'est un garçon très réfléchi. Nous pouvons lui faire confiance. Il est très fier de participer à l'intendance familiale. Il est chargé de sortir la poubelle, de nourrir le chat et de ranger ses jouets le soir dans le vieux coffre contre la cheminée. Il accomplit chacune de ses tâches avec la plus grande application, l'air si sérieux que parfois nous ne pouvons contenir nos éclats de rire. Nous faisons tout ce que nous pouvons pour nourrir son insatiable curiosité. Tout est bon pour la satisfaire, c'est simple, tout l'intéresse : revues, encyclopédies, bandes dessinées, reportages, films, expositions, spectacles… A part ça, Simon n'a pas besoin de grand chose, c'est un enfant facile, un peu réservé mais sociable, attentionné, intelligent.
- Dis-moi maman, quand t'étais petite, ça t'arrivait d'voir des trucs que personne d'autre voyait ?
Nous sommes dans la cuisine, je prépare une tarte avec les girolles que nous avons ramassées dans les bois tout à l'heure. Sur le moment je ne comprends pas la question puis je vois où il veut en venir. Ses crises ne sont plus qu'un vieux souvenir, elles ont disparu aussi brusquement que Simon s'est mis à parler, du jour au lendemain.
- Tu veux dire, comme la belle dame qui boit le thé au salon ?
Aucun de nous n'a oublié l'apparition de la Dame du salon, d'autant qu'elle a suscité les toutes premières paroles de Simon. Il continue d'ailleurs à parler d'elle régulièrement. Selon lui, elle vient souvent se réchauffer dans la loveuse près de la cheminée. Elle brode, déguste lentement son thé ou lit des romans. Elle est belle, elle est triste. Simon dit qu'elle s'appelle Héloïse. A l'entendre on pourrait s'imaginer qu'il a son âge, et qu'il est le seul à pouvoir la libérer d'un malheureux sortilège. Nous avons fini par nous habituer à elle, à ce qu'elle vive chez nous, du moins dans l'esprit de Simon.
Tous les enfants n'ont-ils pas un jour, un ami, un frère, un compagnon imaginaire qui les suit partout où ils vont? Notre fils est sain, équilibré, heureux, pourquoi devrions-nous nous inquiéter ?
- Tu sais, Héloïse, elle vient toujours au salon, surtout quand il fait gris et qu'il pleut, elle pleure quelquefois à la fenêtre, on dirait qu'elle espère encore quelqu'un qui ne viendra plus. Hé maman, j'voudrais que tu me crois, d'accord ? Ben, elle existe vraiment, tu sais, c'est pas moi qui l'aie imaginé, j'le jure, c'est vrai, j'mens pas ! Et pis, à quoi ça me servirait de l'avoir inventé parce qu'à cause d'elle j'passe pour un sale menteur ou peut-être pire, un vrai maboul, c'est pas juste !
Et ravalant ses sanglots, le regard obstiné fixé à terre, il a filé se consoler dans sa cabane sous le noisetier rouge, au fond du jardin.Je ne sais pas comment, mais à cet instant précis j'ai compris sans l'ombre d'un doute, qu'il ne ment pas, qu'il ne l'a jamais fait et qu'il est totalement incapable de le faire. Ce gosse a horreur du mensonge, c'est viscéral chez lui, il est d'une exactitude scrupuleuse, c'en est même parfois pénible, tellement il peut être pointilleux. Ce qui voudrait dire que Simon voit des choses qui n'existent pas pour les autres. Pourtant le fait qu'on ne voit pas quelque chose ne prouve pas toujours que cette chose n'existe pas, elle peut être invisible… Je ne peux pas croire que mon fils délire et s'il ne ment pas, que penser d'autre? J'imagine ses visions comme des images projetées sur les murs aussi bien qu'à tous vents. Ca semble aussi réel que dans les rêves, on les vit si intensément, on court, on crie, on transpire, on y est.
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Printemps 99
Nous allons très souvent nous promener dans la forêt tous les deux. A chaque saison, sa quête, il y tant à ramasser dans ces bois ; muguet, houx, mûres, fraises sauvages, noisettes, champignons… Simon bourre toujours ses poches de pommes de pin à jeter dans le feu, il adore les regarder cracher leur pluie d'étincelles. De retour, nous étalons fièrement notre moisson sur la table de la cuisine, nous faisons notre petit inventaire. Simon expose ses trésors, je lui montre mes cailloux puis chacun retourne à ses occupations - détendu, léger.
C'est là que Simon a commencé à me parler plus librement de ses visions, ça semble plus facile pour lui. J'ai l'impression qu'il se sent soutenu, encouragé et protégé par les arbres. Il marche deux pas devant moi, puis d'une voix basse mais étonnement claire, il se raconte :
- Je ne comprends pas pourquoi certains morts restent là, ils ont l'air de ne pas savoir qu'ils sont morts. C'est horrible, tu sais, parce que plus personne ne les voit. Tu imagines le choc ! Pour eux rien n'a changé sauf qu'ils n'existent plus aux yeux des autres. Tu vois, c'que j'arrive pas à piger c'est pourquoi ils s'en vont pas rejoindre les autres, pourquoi ils restent tout seul à se morfondre au milieu de gens qui les ignorent. C'est bizarre, tu trouves pas maman ? Par exemple, Héloïse, elle continue d'attendre son fiancé, porté disparu à la guerre. Tous ceux qu'elle a connus et aimés sont partis, enterrés depuis des dizaines d'années, et elle, elle reste là à attendre un type réduit en poussière au début du siècle ! J'te l'ai jamais dit, elle croit que je peux l'aider à le retrouver, c'est carrément dingue ou quoi ? Qu'est-ce que t'en dis, toi ?
Dans ces moments-là, Simon interroge l'univers à voix haute. Je ne suis que le témoin silencieux de ses cheminements intérieurs. Il n'attend pas vraiment de réponses. Il a juste besoin de voir ses questions se refléter dans la lumière du jour, entrer en résonance avec les arbres, les oiseaux, les fleurs, les nuages, le vent.
- Quand j'étais petit, j'avais peur d'être fou. Tu sais, quand tout le monde pensait que j'étais qu'un sale menteur et que je voulais juste faire le malin et me moquer d'eux. Je sentais que toi aussi tu pouvais pas t'empêcher d'y penser, même si tu voulais surtout pas l'imaginer, alors ça me foutait encore plus les jetons… J'me disais " Mais qu'est-ce que j'vais devenir, un monstre, un pauvre taré ? " Des fois c'était comme un cauchemar, mais si je me pinçais, ça faisait vraiment mal. Je croyais que tous les gens invisibles que je voyais allaient m'attraper et que je deviendrais comme eux et que toi et papa et les autres vous croiriez que j'ai disparu, et que moi je serais là, tout seul à parler dans le vide et à vous regarder pleurer, sans pouvoir rien faire…
Je suis pas fou, t'as pas à avoir peur, ils peuvent rien me faire de mal, je suis plus fort qu'eux parce que moi je suis vivant et eux c'est que des morts, ils devraient même pas être là.
Y a quelque chose que tu dois savoir, mais il faut que tu me promettes de ne pas t'inquiéter, d'accord ? Des morts y en a partout qui se baladent en liberté, en ville, sur les routes, dans les bois, dans les maisons, n'importe où, t'en trouves ! En général, ils restent à l'endroit où ils sont morts, ils savent même pas où aller. Parfois ils sont attirés par quelqu'un et ils se mettent à le suivre, à le coller, ils s'agrippent à lui. Et tu sais pourquoi ils font ça ? Parce que comme ça ils ont à nouveau l'impression d'être vivants, c'est pas méchant, c'est juste comme s’ils avaient faim et froid, ils sentent la chaleur – et alors, c'est comme si y avait un aimant géant, et bing, ils s'retrouvent dedans. Ils le font pas exprès, mais parfois à cause d'eux la personne tombe malade et on sait pas pourquoi, on lui trouve rien d'anormal et pourtant ça va pas.
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Eté 2001
- Ca y est, Agate, je sais enfin comment il faut faire. Dès que j'y ai pensé, j'ai essayé et ça a marché du premier coup - du premier coup, tu te rends compte, maman ? C'est Héloïse, elle est partie ! Elle ne reviendra plus, plus jamais ! Je l'ai délivré, t'entends ça, j'ai ré-u-ssi ? Y a son amoureux qui est revenu pour l'emmener, tu te rappelles, celui qu'avait disparu à la guerre ? Lui pendant tout ce temps, il a pas arrêté de la chercher partout comme un fou et ce qui est vraiment dingue, c'est que le seul endroit auquel il a ja-mais pensé, c'est chez elle, enfin chez ses parents, là où elle était quoi, ici, chez nous ! C'est moi qui lui ai montré où elle était restée bloquée à l'attendre devant sa fenêtre. Et ça a marché ! Tu te souviens, elle me l'avait dit que je pouvais la délivrer. C'est incroyable quand même, et moi je me disais, "elle est vraiment siphonnée ", et elle me faisait un peu pitié. Ben en fait, c'est elle qu'avait raison. Je me demande comment elle pouvait savoir que c'était moi et pas un autre… Elle, son fiancé, elle arrivait pas à l'atteindre, pour elle c'était comme s'il s'était volatilisé sans laisser de trace, quasiment comme s'il avait même pas existé. Mais moi si ! Je pouvais l'atteindre le type - c'était trop facile, fallait juste que je l'appelle. Rien qu'avec le prénom ça suffit, HECTOR…
C'est drôle ça me rappelle un truc… je sais pas si c'est un rêve ou un vieux souvenir. Je revois un homme dans la rue, il pleure et son cœur saigne en regardant le dessin d'une femme. Le pire, c'est que sa femme, elle est là elle aussi, assise à sa droite et elle pleure avec lui, mais elle peut rien faire du tout pour le réconforter parce que lui, il sent rien, que dalle, que le froid et le vide qu'elle a laissé dans son cœur en partant.
§§§05/10/07
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