Samedi 9 février 2008
A MARIA 
 
Mon amour, ma princesse
Depuis que tu as fait voile
pour le paradis des enfants,
c'est ici au bord de l'eau que j'aime
venir te rencontrer, te parler.
 
 
L'eau courante, la fluidité,
l'ondoiement, le scintillement,
la musique des feuilles soulevées
par le vent me chuchote à l'oreille
que le temps de la libération et
de l'expansion est venu pour toi.
 
 
C'est ici à la Source 
qu'un nouveau chemin m'est apparu,
Un chemin de vie aux mille potentialités.
J'ai rêvé ma vie toute éveillée,
et j'ai su qu'ici je serai ce que je suis.
Je ne savais pas que tu ne serais plus là.
Les glouglous de l'eau qui coule
me conduisent jusqu'à toi.
 
 
Mon regard ne cherche pas hier.
Ce soir devant le feu j'ai senti
ta présence dans l'espace
Ta présence dans mon présent.
Hier s'en est allé comme toi.
Dans mon coeur tu es vivante,
au présent pour toujours.
Il n'est ni commencement ni fin
Juste un éternel présent,
Ici et maintenant.
 

Je n'imaginais pas que je pourrais écrire,
à toi qui n'a jamais appris à lire.
Pour toi j'écrirai des histoires
dans une langue enchantée
réservées à ceux dont l'âme
enfantine sait encore chanter.
 

Hissons la grand voile, toutes limites dissoutes.
L'espace est si ouvert que l'univers m'appelle
à explorer tout ce que je désire.
Mes rêves s'éveillent à la réalité.
Je les caresse, je les nourris, je leur parle.
Venez, venez, venez,
Prenez forme, recevez souffle et feu.
 

Je te raconterai tout,
mon enfant, mon amour,
Je partagerai avec toi
mes monts et mes merveilles
mon enfant, ma princesse.
 

Ici et maintenant j'ai demandé au vent
de te transmettre, dans un envol
de papillons multicolores, tout mon amour.
A toi ma princesse qui danse dans le ciel étoilé
je dois ma force et ma foi, merci à toi mon ange.
 
 
Les retrouvailles, pas encore, pas encore…
J'ai encore tant à vivre, à aimer, à donner.
 
 
 
2 octobre 005
 
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Samedi 9 février 2008
 
" Qu’est ce que la vie ?
C’est l’éclair
Du feu dans la nuit
C’est le souffle
Du bison dans l’hiver
C’est la petite ombre
Qui se hasarde sur l’herbe
Et se perd au coucher du soleil. 
CROWFOOT ( indien blackfeet)
 



à Maria
 
Nous avons fêté ton départ et nos adieux. Pendant trois jours en communion avec nos proches. Dehors devant un énorme feu alimenté en continu nuit et jour. Le premier jour, longtemps avant la nuit, des étoiles filantes traversaient le ciel immense. Tout le monde s’exclamait, des dizaines d’étoiles filantes allumaient la nuit. On n’avait jamais vu ça, mon amour, même en plein mois d’août. C’est comme si la lumière d’en haut venait à ta rencontre. Comme pour annoncer ton expansion. Pendant trois jours, tous en communion... Les vivants d’ici bas et les vivants de l’autre côté du voile. Dans les bras de Mère Nature.
 
 
 
Tous unis AVEC et POUR TOI
La quintessence de ton passage terrestre
pleinement dévoilée Là
des voiles à ailes
dévoile, es là…

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Samedi 9 février 2008

 
1e jour, 1e cygne:

UN feu d’artifice d’étoiles filantes…



2e jour, 2e cygne :

UNE nuée d’oiseaux innombrables…



3e jour, 3e cygne :

UN rayon de miel éclaire la mer grise

De cendre chaude...

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Samedi 9 février 2008
 
 
Nouveau jour
D’entre les mondes
Maria en conscience
Mes larmes coulent
Je te sens toute proche
Petite filoche
Mon cœur est lourd
Je sens ton amour
Ca coule
 
 
Je SAIS que tu as choisi librement de partir et tu sais comme je me suis réjouis de ta libération. Je me souviens de ce rituel qu’Atoussa avait initié. L’idée nous avait tous enchanté : CHOISIR LE MEILLEUR dans nos vies pour l’année 2005 à venir, les écrire puis se réunir pour les brûler à la Source dans la cheminée.
 
Je voulais que toi aussi tu choisisses ce que tu désires, je ne savais comment faire. Jef a eu l’idée de te mettre un papier blanc dans la main pour que s’y déposent tes vœux. Evidemment, c’était si simple ! Le moment venu, j’ai tenu la petite feuille sur ta main et je t’ai expliqué : Tu es entièrement libre, mon amour, tu peux choisir de rester ou de partir. Toi seule sais. Comme une permission de mourir, je t’ai dit de ne pas te soucier de nous, de faire ce que tu as à faire pour ton âme. Tu peux prendre ton envol ou demeurer entre deux mondes, dans un corps " inutilisable ", rayonnant le Mystère de la vie. Je t’ai dit aussi que tu pouvais guérir totalement, par miracle. Trois possibilités, renaître de l’autre côté, vivre paralysée ou renaître Ici.
 
Tu as choisi le retour à l’ange.
Comme je te comprends !
 
Tu es morte aux Sylphes, dans ta maison, avec ton père. Je te remercie d’avoir choisi ce lieu, il était parfait. Quand, avec Nanou, nous sommes arrivés à la maison pour te voir, quelques amis, déjà là, fumaient dehors dans l’air froid de décembre. Mes chers amis que je rencontrais si rarement depuis mon départ !
 
Si la libération de l’âme expanse le cœur, la vue de la chair sans vie est indescriptible. Tu étais encore chaude, j’ai pu capter les derniers rayons de ta chaleur vitale. J’étais en choc, c’est si soudain ! Mais non pas imprévisible, les signes n’avaient pas manqué... travail préparatoire...
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Samedi 9 février 2008

 

Pour certains tu étais plus morte que vive

Tous ceux qui te croisaient

Ressentaient quelque chose de spécial

Différent pour chacun

Quoiqu’il en soit

Ça éveillait

Une étincelle...

 

 

Parce Que tu ne parlais pas, ne bougeais pas, ne manifestais pas de signes évidents de conscience ni de communication, chacun était d’autant plus interpellé par Ta Présence. Tu témoignais d’une présence hors du corps. Que reste-il de l’être quand le cerveau ne fonctionne plus que pour maintenir les fonctions vitales de survie ?

Il reste l’Essentiel, l’ETRE…

Emanation puissante, mystérieuse, immobile, silencieuse.

Une Présence dans les yeux, parfois quelques larmes

A certains moments, une Ecoute non des oreilles mais de l’être tout entier

Une certaine énergie qui pénètre le cœur en ta présence

Pour entrer en communication avec toi

Il suffisait de débrancher le mode mental pour Te Ressentir

Comme un changement d’altitude

Ca s’est révélé pleinement à moi...

Dès le premier jour où tu es " partie "

Ma petite fille en vie en mouvement en paroles

Plus là, plus jamais là

Transformation radicale, changement d’état

RUPTURE

Encore vivante mais plus dans notre ICI

AUTRE mais Semblable

Ta personnalité s’est comme effacée, volatilisée

Tu n’ES plus que Présence 

 

Ton ECOUTE je la ressens si intensément quand je t’explique tout ce qui t’arrive et que nous serons toujours là en amour, quoiqu’il arrive. J’ai l’impression que te pousse des oreilles d’éléphant, tellement je te sens Ecouter de toute ton âme. C’est dans une autre dimension de nos êtres que la rencontre a lieu, au-delà. Dans l’apparence de la mort, une Présence impressionnante, un courage, une force, une détermination, un amour... 

 

A d’autres moments, tu pourrais aussi bien être à l’autre extrémité du cosmos… à des années lumière et pourtant toujours rattachée à ton enveloppe Maria, en vie, en lutte. Car cette fois là, tu as choisi de te battre pour la vie. 

 

Personne n’est passé à côté ou à travers toi. Même ne sachant trop comment communiquer avec toi, chacun entrait en relation à tâtons, chacun s’harmonisant à sa façon. Evidemment c’était bien plus simple pour ceux qui ne t’avaient pas connu " avant ". Pour les autres, dans un premier temps, la Maria AVANT, avait tendance à s’inscrire comme en surimpression et à masquer ta réalité présente. Ils ne te voyaient pas réellement telle que tu étais devenue, ils ne voyaient que ce que tu avis été et ne serais plus. Passage obligé : faire le deuil de Maria pour rencontrer MARIA à nouveau, sur un autre plan. Rupture, continuité, une autre, la même, MARIA. 

Après coup, je me suis aperçue qu’inconsciemment je m’étais préparée à cette épreuve, en me donnant les moyens de l’accepter et d’en être transformée. Le déclic, le sésame ouvre-toi ? Quelque chose d’essentiel dont je venais enfin de prendre conscience, qui est la base même de tout travail : accepter la réalité telle qu’elle est, dire oui à tout ce qui est, parce que CELA EST. Je n’avais jamais réellement pris conscience, auparavant, à quel point j’avais refusé d’accepter la réalité tout bonnement pour ce qu’elle est…

 

…TOUT SIMPLEMENT

…VOIR et ACCEPTER CE QUI EST…

…EVEIL

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Samedi 9 février 2008
 
 
Je la retrouve gisante sur un lit, dans la salle commune du service de réanimation de neurochirurgie. Branchée à des machines, une perfusion pour l'hydratation et la médication, une voie centrale " au cas où " ?, une sonde de dérivation pour drainer le liquide céphalo-rachidien, une autre pour recueillir le pipi, un tube enfoncé dans la bouche pour respirer, des électrodes pour enregistrer le rythme cardiaque, le rythme respiratoire, les gaz du sang. (Tout ça, je le découvrirais bientôt.) Elle est toujours en vie… les écrans de contrôle l'attestent.
 
Non, je ne suis pas médecin, ni infirmière, ni même aide-soignante. Je ne suis pas une professionnelle de la santé, de la maladie non plus d'ailleurs. Je n'ai même pas l'esprit scientifique, je suis une littéraire. Et je déteste les machines en général, y compris les inoffensifs robots ménagers ou autres mécaniques essentiellement bonnes à te vriller les tympans. Je n'ai pas confiance en la médecine officielle et j'ai d'excellentes raisons pour cela. Vous vous souvenez, le père chercheur et visionnaire, qui veut sauver l'humanité ? Mais je suis fan d'" Urgences " à la télé et je décide de voir dans le personnel hospitalier des êtres humains, comme vous et moi. Je fais le pari de l'ouverture, de la vérité et du respect mutuel.
 
Je suis la mère de l'enfant branchée de tous les côtés, inerte, presque morte. Elle est dans sa septième année, elle s'appelle Maria, comme sa grand-mère maternelle. C'est ma petite princesse, elle me ressemble. Elle entre dans la catégorie IMC, infirme moteur-cérébral ça veut dire pour les non initiés. Epileptique, très, très en retard dans son développement psychomoteur: handicap, appareillage, institution spécialisée, hospitalisations, rééducation et bla-bla-bla...
 
Enfin ça, c'était vrai hier, tout à l'heure, dans une autre vie. Ici et maintenant, ma petite fille branchée, terrassée, est presque encore vivante. Là, dans l'instant, je pressens le point de non-retour, le " plus jamais comme avant ", l'irrémédiablement autre.

Le choc, un coup de fouet qui me réveille, je suis ultra lucide. J'ouvre tout grand les yeux, les oreilles, mon coeur écoute ce que mon esprit sait déjà. J'accepte la réalité telle que je la vois, je l'enregistre dans ses moindres détails, je la regarde dans les yeux, je soutiens son regard. OUI, je lui fais face, je me tiens résolument droite, déterminée à l'affronter. Bien sûr j'ai peur, je suis terrifiée, souffle coupé, gorge étranglée, tripes nouées, vidée d'énergie. C'est la fin du monde, d'un monde connu, familier, sécurisant. Plus rien ne sera plus jamais comme avant. OK, la vérité les yeux dans les yeux, j'y suis prête. Par quel miracle ? Je flaire ma piste depuis si longtemps, j'ai suivi le fil de mon inspiration, exploré ce qui m'appelle et m'interpelle. Je suis préparée, c'est ainsi, le fait est.
 
La fin d'un monde annonce nécessairement le début d'un autre, un nouveau commencement. L'aube succède à la nuit. Maria, telle qu'elle était n'existe plus, disparue, envolée, évaporée, elle ne reviendra plus jamais. Maria, telle qu'elle est ici, branchée, flottant entre la vie et la mort, EST LA, une autre Maria à reconnaître, à rencontrer, à découvrir, à aimer, à soigner, à protéger.
 
Je regarde ses yeux, ils ne me voient pas, elle est ailleurs, si loin qu'elle pourrait aussi bien être à l'autre extrémité de la galaxie. Tuyaux et machines sont plutôt effrayants, je n'ose pas encore l'approcher. Je suis éminemment impressionnée, étrangement intimidée, au seuil d'une révélation. Je m'approche lentement, prends sa main, en silence puis doucement, je commence à lui parler. Je ne la quitte pas des yeux, toutes mes antennes déployées, je la ressens. Maria ECOUTE, je le sais, je le sens, c'est évident. Ses oreilles s'agrandissent jusqu'à devenir d'énormes oreilles d'éléphant, tous les pores de sa peau se dilatent, seuls ses yeux sont mobiles, à peine, c'est incroyable !
 
Quelqu'un écoute. Une présence écoute. Ca n'a plus rien à voir avec la conscience ordinaire, rendue impossible par d'irréversibles dommages au cerveau. Tout processus mental a définitivement disparu. Et pourtant quelqu'un écoute, l'intensité en est presque tangible, du moins pour moi, qui l'ait accueilli dans ma chair, aimé dans un corps invisible en devenir. Sa présence n'est plus perceptible dans son regard, ses mouvements, sa parole. Plus de signes extérieurs de conscience. Il ne reste plus rien de sa personnalité, de sa vitalité. Son visage est d'une rigidité de cire, dénué de tout expression, comme déserté. Les machines confirment mon ressenti, pouls et respiration s'accélèrent quand nous lui parlons, c'est très net. Plus tard, je remarquerai qu'elle sent notre arrivée avant même que nous entrions en silence, car à chaque fois ses rythmes s'emballent.

 
Sa présence n'est plus strictement contenue dans son corps, ça déborde de partout, comme une essence volatile, parfois si légère, presque imperceptible, parfois si concentrée, tellement puissante. La conscience, habituellement assujettie au corps, s'est fait la belle. Elle se déplace dans d'autres mondes, d'autres dimensions, dans l'infini cosmos ? Perdue dans l'immensité, enfermée hors de son corps ?
 
Nos présences respectives sont reliées, s'interpénètrent, communiquent, se parlent. C'est un mystère, le plus grand des Mystères, celui de l'Etre, de la Vie, de la Mort, du Passage. Nos Etres sont toujours là, mère et fille, unies par l'amour. Ma fille de chair est devenue intemporelle. Le rapport s'est inversé, maintenant c'est elle l'ancienne. Elle éveille par le mystère de sa présence une sagesse oubliée, une mémoire du fond des âges, un parfum de liberté illimitée.
 
Sa volonté et sa détermination de vivre malgré tout me communiquent un courage et une force insoupçonnés. Nous allons vivre à cheval entre 2 mondes, en apprentis équilibristes, au jour le jour, entre possible et impossible, matériel et immatériel, penser et ressentir, paraître et être, visible et invisible.
 
05 - 08 - 006
 
 
Nature, mère de...
 
 
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Texte libre

 

 

Eau sacrée, je reviens à tes rives,

je vois le ruisseau de la sagesse qui coule perpétuellement.

Lave-moi de ces lourdes pensées qui m’empêchent d’atteindre ta mer d’équanimité.

Créateur, nos yeux s’éclaircissent, la lumière sacrée de la sagesse brille dans nos cœurs.

Voyons, soyons ce que nous sommes. Puissent tous les êtres réaliser l’harmonie et l’unité.

Dhyani Ywahoo

Sagesse amérindienne

Traditions et enseignements

des Indiens Cherokee

 

 

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