Texte libre

Vivre
c’est naître
sans cesse …
 
erich fromm

" Autant que je puisse en

juger, le seul but de

l’existence humaine

est d’allumer une lumière

dans l’obscurité de l’être. "


C.G. Jung


" On ne comprend rien à la
civilisation moderne
si l’on admet pas d’abord
qu’elle estune conspiration
universellecontre toute
espèce de vie intérieure. "

 
 Bernanos

 

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Avant même d'ouvrir les yeux je sais que la journée est belle, la lumière éclatante ce matin infuse mes paupières closes. En esprit, je suis debout, pleinement réveillée, me réjouissant déjà... Sans savoir pourquoi, pour rien, comme ça.

Un plaisir malin m'invite à imaginer tout ce que je pourrais me croire tenue de faire dans le registre il faut, je dois, c'est important, je suis obligée, je ne peux pas faire autrement...

Appeler maman, changer les draps, remiser les vêtements d'été, prendre rendez-vous chez le dentiste, passer voir ou pire téléphoner à ma chère Isabelle qui attire les emmerdes comme un aimant, écrire à mon vieil oncle bien aimé qui crève de solitude, acheter du cumin pour le plat de ce soir, laver les vitres, tenter d'arranger les choses avec Patrick, réparer la porte de la chambre, payer la facture d'eau, répondre à la caf, refaire mon CV, me raser les jambes, arrêter de fumer... et bla-bla-bla bla-bla-bla... 

 

La liste ne demande qu'à s'allonger mais je suis d'humeur à m'amuser et tout cela ne me tente guère pour le moment. Je saute du lit, ouvre la fenêtre et observe ce qui se passe dans la rue. En face une femme, que je n'ai jamais vu, presque pliée en deux entre deux voitures semble faire l'inventaire et réorganiser son énorme portefeuille. La grand-mère des triplés descend la rue traînant derrière elle les gamins rasant le mur en file indienne. Le vieux voisin, la clope au bec, rayban de compétition sur le nez, casquette visée sur le crâne s'apprête à monter dans son express. Un chat roux dort lové sous les bambous plantés sur le toit d'un garage.

 

Le premier grand plaisir du matin, quoiqu'il en soit, reste la dégustation d'un bon café. Tout doux, sans me presser, sans me charger d'une longue liste de choses à faire et à ne pas faire. Sans programme. Sans agenda. Je m'offre de vivre cette journée en roue libre ! Comme pour acquiescer à mon état d'esprit la lumière aujourd'hui est particulièrement limpide, chaque feuille découpe sa silhouette admirable doucement bercée aux invisibles souffles d'air. Je vois Isabelle empêtrée dans sa toile d'araignée et je me souviens d'un fameux titre de livre écrit dans les années 80, je crois, " Faites votre malheur vous-mêmes ". Je n'ai pas lu le livre, mais j'imagine fort bien à quoi il fait allusion, et je ne peux pas m'empêcher de rire, non de mon amie que j'aime de tout cœur ni de ses problèmes, mais de cette folie des hommes qui les incitent à se saboter sans cesse eux-mêmes, et plus efficacement encore, plus implacablement que leurs pires ennemis ne sauraient le faire. Peut-on imaginer une guerre plus contre nature que celle livrée inlassablement, jour après jour, année après année, décennie après décennie contre soi-même ?!

 

Si j'en ris c'est que je me sens bien trop légère aujourd'hui pour me prendre au sérieux - le jeu n'est pas toujours aussi drôle, j'en conviens, mais certainement bien moins tragique qu'il n'y semble - pour l'heure je n'ai que faire d'endosser mes pauvres hardes ni de m'enfouir sous un tas de vieilles valoches branlantes. Puis-je sauver le monde ? Puis-je me sauver moi-même ? Certainement pas ! Oublie ta mégalo et respire un bon coup. Tu vois - quand ça respire plus profond, dans ton ventre - tu redescends sur terre, tu te contentes tout simplement de ce qui est là !

 

Accroupie au soleil sur le rebord de la fenêtre, je sirote mon café refroidi, tellement satisfaite de moi que je me demande comment parfois je peux m'en vouloir à ce point de n'être ni comme si ni comme ça. Toujours à chercher la petite bête, la moindre défaillance, le détail qui tue. Le terrible syndrome du " Jamais à la hauteur ". Je me sens comme l'acteur toujours confiné dans le même registre de personnages et qui décide un beau matin de s'essayer à d'autres rôles, d'autres histoires, à changer radicalement de peau. Et pourquoi pas ?

 

15 octobre 08

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Texte libre

 

 

Eau sacrée, je reviens à tes rives,

je vois le ruisseau de la sagesse qui coule perpétuellement.

Lave-moi de ces lourdes pensées qui m’empêchent d’atteindre ta mer d’équanimité.

Créateur, nos yeux s’éclaircissent, la lumière sacrée de la sagesse brille dans nos cœurs.

Voyons, soyons ce que nous sommes. Puissent tous les êtres réaliser l’harmonie et l’unité.

Dhyani Ywahoo

Sagesse amérindienne

Traditions et enseignements

des Indiens Cherokee

 

 

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